La candidate conservatrice Keiko Fujimori a pris une avance insurmontable lors du second tour de l'élection présidentielle du Pérou, qui s'est tenu le 7 juin, a annoncé l'autorité électorale péruvienne (ONPE) mardi.
Fille de l'ancien président controversé Alberto Fujimori, Keiko Fujimori, qui se présente pour la quatrième à l'élection présidentielle du pays andin, recueille désormais 50,11% des voix, devançant ainsi son rival de gauche, Roberto Sanchez, de 43.386 voix, selon les données de l'ONPE.
L'ONPE ajoute qu'il ne reste plus que 40.213 suffrages potentiels à dépouiller.
L'autorité électorale n'a cependant pas encore officiellement proclamé de vainqueur et prévoit de le faire à la mi-juillet.
De son côté, Roberto Sanchez a affirmé qu'une "fraude était en cours", sans fournir de preuves, ajoutant qu'il refuserait de reconnaître les résultats de l'élection, ce qui laisse entrevoir la perspective d'une crise politique prolongée au Pérou.
L'annonce des résultats du second tour est retardée à la fois par le recomptage de bulletins contestés, l'arrivée tardive des bulletins provenant de l'étranger - généralement favorables à Keiko Fujimori - et l'écart infime entre les candidats.
Si la victoire de cette dernière est confirmée, Pérou deviendra le dernier d'une longue liste de pays d'Amérique latine à basculer à droite, un renversement spectaculaire de la "vague rose" qui avait porté plusieurs gouvernements de gauche au pouvoir au début des années 2020.
Si elle accède à la présidence, Keiko Fujimori héritera d'un pays qui a connu huit présidents en autant d'années et qui est confronté à de profondes inégalités économiques entre la capitale et les régions rurales.
Parmi ces huit anciens dirigeants, trois ont fait l'objet d'une procédure de destitution et un a démissionné après seulement six jours.
Quatre anciens présidents sont actuellement en prison, et le défunt père de Keiko Fujimori a purgé une peine de 16 ans pour violations des droits de l'homme commises au cours de son règne de dix ans dans les années 1990.
(Marco Aquino, Alexander Villegas et Leon Ramirez, version française Benoit Van Overstraeten)

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